Hier, on aurait dit que rien n'allait. Il y a une expression en anglais qui dit:"When sh*t hits the fan..." (Traduction libre: "Quand la merde frappe le ventilateur...") Disons que ça ressemblait à ça!
Tout d'abord, je n'ai à peu près pas dormi durant la nuit. Les bébés se sont réveillés de nombreuses fois. Je me lève donc du pied gauche le matin venu, complètement morte.
En avant-midi, avec la meilleure intention du monde, je décide de me changer et d'aller m'entraîner au sous-sol. (Étonnamment, ça me redonne généralement un petit "boost" d'énergie.) Je descends l'escalier en tenant Florent par la main, alors que Constance descend les marches sur les fesses, juste devant nous. Et là, c'est le drame: elle glisse ou s'accroche dans sa robe de chambre (je n'ai pas eu le temps de voir) et elle déboule environ 6 marches. Je lâche un grand cri en tentant de la rattraper, mais il est trop tard. Ma puce roule sur le côté . Elle fait des tonneaux, déboule comme une poupée de chiffon. L'image est horrible. Je me dépêche de la relever au bas de l'escalier (je sais, ce n'est pas ce que j'aurais dû faire, mais j'avais l'adrénaline au plancher), puis je la serre dans mes bras en pleurant. Elle pleure aussi, bien évidemment.
Je mets du temps à me remettre de mes émotions. Constance me dit qu'elle a "bobo à la tête". Je tâte son petit crâne, inquiète, mais il ne semble pas y avoir de bosse. Je palpe aussi ses membres, son dos, son ventre. Elle ne fait pas mine d'avoir mal. On s'en tire avec une bonne frousse.
Constance joue dans le sous-sol, comme si rien ne s'était passé, alors que moi, j'appelle mon amoureux en pleurs. Je me sens atrocement coupable. Comment ai-je pu ne pas arriver à la retenir? Comment ai-je pu être aussi négligente et la laisser descendre DEVANT moi? J'ai une boule dans la gorge et la nausée. Ça ne va pas! Mon copain est aussi très inquiet. Il me conseille d'appeler à la clinique pour savoir si je dois faire voir notre fille par un médecin. Je décide d'appeler Info-Santé.
L'infirmière qui me répond est patiente et prend le temps d'évaluer la situation. Elle prend un bon moment pour faire le point et prendre position. Elle me dresse la liste des symptômes à surveiller chez Constance et finit par me conseiller de me rendre dans une clinique ou à l'urgence de l'hôpital même si ma fille semble en forme.
Je désespère. Je ne me vois pas aller à la clinique enceinte, avec mes deux cocos, en pleine période de gastro et de rhumes virulants. J'appelle ma mère. (C'est toujours une bonne chose à faire, même rendue à 29 ans!)
En discutant avec elle de toute cette situation, nous en venons à la conclusion que je vais carrément aller perdre ma journée si je me présente à l'urgence ou même dans une clinique. (De toutes façons, comme nous sommes déjà sur l'heure du dîner, les cliniques sont sûrement déjà complètes.) De plus, comme Constance semble "péter le feu", on ne passera pas en priorité. Je décide donc de demeurer à la maison avec mes deux loups, me jurant de surveiller les symptômes de comotion. S'il y avait quelque chose d'anormal, là, je me dépêcherais de me rendre à l'urgence... Je rappelle mon amoureux pour lui faire part de ma décision. Il m'appuie. Je suis soulagée. Je rappelle ma mère qui m'annonce qu'elle et mon père viendront chez moi plus tôt pour me permettre de travailler ma musique avant le souper. Je soupire de soulagement encore une fois.
Je n'ai plus le coeur à m'entraîner. Je monte faire le dîner. Par la suite, je couche les bébés pour la sieste. J'attends d'être certaine qu'ils dorment tous les deux et je m'étends à mon tour sur le divan, pensant pouvoir récupérer environ deux heures de sommeil. J'ai une répétition tard en soirée et je dois pouvoir demeurer éveillée au volant!
Malheureusement, je dors moins d'une heure. Florent se réveille et me réveille par son cri. Ah non! Il a décidé d'écourter la sieste la journée même où j'avais moi-même un besoin urgent de dormir!
Il est tranquille, il s'amuse bien, alors j'en profite pour commencer à pratiquer mes chansons. Je laisse savoir à mes parents qu'ils peuvent arriver plus tôt, étant donné que notre dodo est terminé. Constance, elle, se lève plus tard. Mes parents arrivent et prennent en charge les petits afin que je puisse travailler un peu.
Avant le souper, je suis fatiguée. Je pleure encore. Cette fois-ci, c'est pour rien. Je suis tout simplement à bout!
Nous soupons et mon amie choriste m'appelle. Je comprends en discutant que j'ai oublié de pratiquer certaines pièces. Je dois me remettre au travail après avoir mangé. Par la suite, je vais donner le bain des bébés. J'ai le temps de les mettre en pyjama, puis je dois quitter pour aller à ma répétition.
Sur la route, j'écoute le hockey à la radio. J'aime ça. Ça me libère l'esprit et je suis toujours impressionnée par la vitesse d'esprit des commentateurs. À un moment, que vois-je dans mon rétroviseur? Une voiture de police, gyrophares allumés. Je me tasse sur l'accotement. La voiture me suit. Je jure haut et fort. C'est la première fois que je me fais arrêter! Le policier débarque de sa voiture. J'essaie de descendre ma fenêtre, mais elle est gelée. J'ouvre donc ma portière doucement en m'excusant auprès de l'homme de loi. Il me dit:"Mademoiselle, vous rouliez à 81 km/h dans une zone de 50. J'aimerais avoir votre permis, s'il vous plaît."
Après dix minutes d'attente, seule dans mon véhicule, il revient et me colle une contravention de 189$. C'est plus que ce que je gagnerai la semaine prochaine lors du spectacle que je ferai. Adieu, la paie! Je suis désemparée. Je pleure au volant, me demandant à quel moment ça finira, cette suite de "bad lucks".
J'arrive à Montréal. Je passe chercher mon amie choriste. Quand elle arrive dans la voiture et qu'elle me demande comment je vais, j'éclate. "Oh! Tu es vraiment à bout, toi!" me dit-elle. Oui. À bout. À bout. À bout. Je lui explique ma journée. Elle me console. Je l'aime, mon amie. C'est bon de la voir au moment où ça va si mal. Son sourire me fait du bien. C'est bon, l'amitié.
Le reste de la soirée se passe bien. La musique me fait oublier ma mauvaise journée. Je reviens chez moi à 2h00 du matin. Ma mère est prête à aller se coucher (elle avait décidé de dormir chez moi), mais ne dort pas encore. Elle m'assure qu'elle se lèvera si les bébés se réveillent durant la nuit et qu'elle s'en occupera le lendemain matin. Je peux dormir. JE PEUX DORMIR!
Je n'ai pas dormi tard ce matin, mais le simple fait de ne pas avoir à me lever pour la routine matinale de mes loups m'a fait du bien.
En conclusion, malgré les événements qui ont perturbé ce 20 janvier 2009 (journée historique pour le peuple américain, un peu moins historique pour moi), je retiens une chose. Quand on est à bout et qu'on demande de l'aide, il y a souvent des anges qui volent à notre secours pour nous aider à sauver notre peau. Si on est prêt à oublier la journée où tout semble aller de travers, l'attention reçue de nos proches, elle, on ne l'oubliera jamais!
Merci à mes anges. Je vous aime!
P.S. Heureusement, tout s'est mieux passé aujourd'hui. Ça ne peut pas toujours aller mal, hein?