
Pour ceux que ça intéresse, voici comment j’ai vécu mon accouchement. Je le note ici tout particulièrement pour nos proches et pour moi, pour m’en souvenir ! (Petit conseil aux futures mamans : essayez de prendre des notes dans un calepin pendant le travail ou le lendemain de l’accouchement pour vous rappeler des grandes lignes. C’est ce que j’ai fait cette fois-ci et cela facilite la rédaction du récit par la suite !)
Tout commence le mercredi 11 mars 2009. Comme vous le savez peut-être, le matin, je fais une petite séance de tire-lait, puis
nous allons magasiner. En après-midi, je demande à mes parents de venir à la maison par prévention (un feeling, comme ça !). Mon copain travaille le soir et j’ai comme un pressentiment que le travail peut commencer à tout moment.
J’essaie de faire une sieste en fin d’après-midi, mais j’en suis incapable. Après le souper, alors que je plie des couches, je sens une contraction vraiment plus forte que tout ce que j'ai connu avant. Une vraie! Ça tire dans le dos, comme ce qu'on m'a décrit, tellement que je grimace et j'ai du mal à demeurer sur ma chaise. Mon père me regarde d'un air inquiet. C'est qu'il a bien peur de me conduire à l'hôpital et de finalement m'aider à accoucher dans la voiture! Il est 19h30 environ.
Je rajoute des choses à ma valise. Je dis à MJ: "J'ai l'impression que je ne passe pas la nuit ici." Nous sommes tous excités. (Et moi, honnêtement, j'ai la trouille devant l'imminence de l'Événement!)
Nous couchons Constance et Florent. Les contractions continuent toute la soirée. Ce n'est plus seulement le ventre qui durcit. Ça tire dans le bassin, le dos, le ventre...
Au moment où mon copain m'appelle enfin, soit après son spectacle, il est 22h20. Je le somme de revenir à la maison rapidement. Mes contractions sont encore aux 8 à 10 minutes, mais je sens que ça peut débouler très vite.
À 22h30, je vais prendre un bain. Je perds le compte des contractions parce qu'elles sont un peu moins fortes dans le bain (la chaleur me fait du bien). Or, à ma sortie, elles recommencent à se faire sentir tout en devenant plus intenses. Ouch!
À l'arrivée de mon copain, il me conseille d'appeler à l'hôpital. L'infirmière qui me répond me conseille d'aller dans le bain. Je lui dis que c'est ce que je viens de faire, puis elle me suggère d'aller m'étendre sur le côté gauche pendant 45 minutes, puis de retourner dans le bain si les contractions sont toujours présentes.
Je prends une collation et je vais me coucher vers 23h30. Je suis incapable de me reposer. Un grand courant parcourt maintenant mon corps aux cinq minutes. Je me tords dans mon lit, me fais des pressions dans le dos, me flatte les cuisses pour diminuer la douleur. Je me demande comment je vais faire pour passer au travers! (Je me demande aussi pourquoi je voulais tant un accouchement naturel! Ha! Ha!) En même temps, je me souviens de ce que la sage femme Isabelle Brabant conseille dans
son livre. J'essaie de laisser mon corps détendu malgré les contractions, de le laisser travailler et je parle à mon bébé! Il faut qu'on travaille ensemble!
Vers 1h00 du matin, je retourne dans le bain (au diable le gaspillage d'eau!). Les contractions sont maintenant aux trois minutes et vraiment plus fortes. Je sors du bain et je vais réveiller mon chum: "Il faut qu'on parte à l'hôpital, chéri!" Nous terminons rapidement la valise. J'ai du mal à m'habiller. Je mets des vêtements amples parce que je n'endure rien de serré sur mon ventre. Mon copain va réveiller ma mère (mes parents étaient heureusement demeurés pour la nuit... je n'aurais tellement pas attendu 45 minutes, le temps qu'ils arrivent! Fiou!), puis il va avertir sa fille que nous partons. (MJ tenait à ce qu'on lui dise, le grand moment venu!) Le temps qu'il passe au sous-sol me paraît une éternité. Je l'interpelle. Je suis assise dans l'escalier, pâle comme un drap et j'ai mal au coeur. Si bien que ma mère me donne un bol pour le voyage en voiture.
Dans l'auto, le cauchemar printanier se fait sentir: les nids de poule! Les routes sont si cahoteuses que je me tords sur mon siège. Entre les contractions, mon copain et moi pouvons parler. Puis, c'est le silence. Il m'aide en me rappelant de bien respirer... Nous filons à toute allure sur l'autoroute. Heureusement, nous ne croisons pas de police! (Je pense que je n'aurais pas été très douce si on nous avait arrêtés!)
Nous arrivons à l'hôpital. Mon copain m'installe dans une chaise roulante, sort la valise et va stationner la voiture. Nous prenons l'ascenseur et arrivons à l'étage. Là-bas, l'infirmière me dit: "Je n'ai pas réussi à trouver votre dossier. Le gynécologue ne nous l'a pas fait parvenir.
On va devoir recommencer tous les tests sanguins." Quoi? Je suis rendue à 40 semaines et 4 jours et ils n'ont pas mon dossier? Assez ordinaire!
Elle m'amène dans la salle de monitoring. Je vais mettre ma jaquette d'hôpital, puis fais un test d'urine. Ensuite, elle m'installe sur la civière pour que je puisse être branchée au moniteur. Les contractions sont fréquentes et vraiment très fortes. Elles sont aux trois minutes et ça réduit à deux. Mon corps est secoué par la force des contractions, je suis dans les vapes. Mon copain va faire mon admission. Il semble être absent si longtemps!
Le coeur de mon bébé ralentit à chaque contraction. L'infirmière me demande de me coucher sur le côté gauche pour l'aider à avoir davantage d'oxygène. J'ai la nausée. Mon copain n'a pas le temps de trouver l'infirmière et j'asperge littéralement le mur! Beurk!
Lors de mon premier examen, on me dit que je suis à 5 cm. Le docteur (que je ne connais pas, mais rendue là, c'est le moindre de mes soucis) crève mes eaux pour placer un
moniteur à l'intérieur de l'utérus (on place le moniteur directement sur le cuir chevelu du bébé).
On me fait des prises de sang (deux infirmières me piquent en même temps, prenant chacune un bras). Ça opère!Peu après, l'infirmière me demande si j'ai envie de pousser. Je lui dis que pour le moment ça va, mais que quelques minutes avant, ça m'avait donné cette impression. Elle m'examine à nouveau: "Tu es complète, ma belle!" Mon col a dilaté de cinq centimètres en environ 15 minutes. Pas étonnant que ce soit douloureux!On m'amène à la chambre de naissance qui s'appelle "Nid d'ange". Je me glisse de la civière au lit. À 4h00 du matin, je commence les poussées. Dans la chambre, il n'y a que mon copain, l'infirmière et moi. Elle me suggère d'essayer de pousser pour "voir comment je fais ça". Le docteur ne devrait venir que lorsqu'on apercevra la tête du bébé. Or, le coeur de mon petit pou décélère à chaque contraction, à chaque poussée. L'infirmière craint que le bébé ait le cordon autour du cou.Je pousse, je pousse. Entre les contractions, je retrouve mon sourire. Mon chum n'en revient pas! (Nous avons même pris une photo! Hi! Hi!) Nous faisons des farces, jusqu'à ce que la prochaine vague me traverse. Comme je suis en position semi-assise, je sais que ce n'est pas l'idéal pour favoriser la sortie du bébé. Je demande à l'infirmière de rouler deux serviettes que je place sous chaque os de mes fesses pour libérer le sacrum (un autre petit truc donné par Isabelle Brabant!).L'infirmière fait venir le gynécologue. Il arrive et constate après quelques poussées que le bébé ne pourra pas endurer ça longtemps. Son coeur décélère toujours. Quand j'entends cela, je me vois déjà être transférée au bloc opératoire pour une césarienne. Ce serait bien le bout! Subir tout cela pour finalement être coupée! Heureusement (bon, on essaie de voir positif, hein?), le médecin m'annonce qu'il me fera une anesthésie du bloc honteux pour ensuite me faire une épisiotomie. Cette étape de mon accouchement est la plus douloureuse. Mon copain tente de tenir le masque à oxygène dans mon visage (je dois le porter entre les contractions) et moi, je hurle de douleur! Les longues aiguilles traversent mon périnée. C'est insupportable. Mon copain est figé. Il ne trouve plus les mots pour m'encourager!Par la suite, je continue à pousser. À un moment, je comprends comment le faire: je me redresse un peu pour être davantage assise (je n'accote pas mon dos sur le lit). Ainsi, je peux vraiment contracter les abdominaux (je n'ai pas eu de péridurale, alors ça me permet de bien sentir mes muscles lors des poussées). Le médecin, l'infirmière et mon copain m'encouragent en me disant qu'ils voient un peu plus les cheveux du bébé à chaque poussée. À chaque contraction, je donne environ deux poussées. L'infirmière me conseille de laisser passer une contraction sans pousser. J'en suis incapable! Ça veut pousser et je veux que ça finisse! Après l'épisiotomie, j'ai seulement deux contractions et enfin, le bébé naît!Fabrice respire enfin hors de moi, à 4h37 du matin, moins de deux heures après mon arrivée à l'hôpital! Il mesure 51 cm et pèse 3170 grammes (6 livres et 15 oz). Je n'en crois pas mes yeux. On le dépose rapidement sur moi. Je suis aux anges. Je n'arrête pas de dire: "Je suis tellement heureuse! Tellement heureuse! Bébé! On a réussi! On a réussi!" L'infirmière rigole. J'embrasse mon bébé gluant et plein de sang. Contrairement à ce que j'aurais pensé, cela ne me répugne pas. Le moment est trop fort, trop intense. Rien à voir avec une césarienne. Vraiment! Mon copain et moi sommes si heureux que tout se soit si bien déroulé! J'ai réussi mon AVAC. J'ai mon bébé sur moi et il est en pleine forme. Il me regarde d'un air tout doux. Je tombe en amour à la première seconde. Quel feeling incroyable! C'est plus fort que tout!Je sens les contractions qui continuent. J'expulse le placenta dans trop m'en rendre compte. C'est le dernier de mes soucis!Le médecin recoud ma plaie alors que j'ai toujours mon petit minou sur moi. Mon copain descend à la cafétéria de l'hôpital pour aller appeler les grands-mères (l'une est chez nous et l'autre, au Saguenay!). À 5h00 du matin, à peine vingt minutes après avoir donné naissance, j'allaite mon bébé qui boit tout de suite comme un champion. Encore une fois, c'est une expérience merveilleuse qui n'a rien à voir avec mon premier accouchement! (Il faut dire que l'expérience a eu le temps de rentrer, avec un allaitement de jumeaux qui a duré plus de 16 mois et demi en plus de ma formation de marraine!) Quand mon copain revient dans la chambre, il n'en revient pas: "Il boit déjà?! C'est incroyable!" (Le mot "incroyable!" a d'ailleurs été utilisé très souvent dans les heures qui ont suivi l'accouchement. Ça s'était passé "incroyablement vite", le sentiment d'avoir le bébé sur moi après l'accouchement était "incroyable"...)Vers 6h00, on m'aide à m'assoir un fauteuil roulant et on me transfère dans ma chambre. Malheureusement, je n'ai pas de chambre privée tel que demandé. Je m'installe dans le lit. Le bébé perd sa chaleur, alors on me fait faire du peau à peau. Mon amoureux sommeille dans la chaise à mes côtés. Vers 7h00, il décide de partir à la maison. Ensuite, je dors des petites tranches de quinze minutes par-ci, par-là. Le bébé du couple qui partage la chambre avec moi pleure souvent, alors j'ai du mal à me reposer.L'infirmière m'aide à aller à la salle de bain. Je suis vraiment étourdie. Elle me laisse le soluté. Ah! Moi qui avais tellement hâte d'aller prendre une douche! (Bébé m'avait fait un beau c*c* sur le ventre à la naissance! Belle façon de saluer les gens, hein? On m'avait donné une serviette pour nettoyer, mais je pensais pouvoir me doucher plus rapidement que cela!)Mon petit pou boit à nouveau vers 9h00. Vers 10h00, une infirmière vient le chercher pour le laver. Elle revient en me disant qu'elle a dû lui laver les cheveux trois fois avant que les cheveux soient vraiment propres! Ils étaient tout collés!À 11h15, on accepte d'enlever mon soluté, mais je dois tout de même attendre avant d'aller prendre une douche. Je dois être capable de marcher sans me sentir faible! :-(La journée passe len-te-ment. Je n'ai pas la télé, je suis fatiguée (ça fait quand même plus de 24 heures que je suis réveillée et je n'arrive pas à dormir suffisamment pour me remettre un peu sur pied). Je prends le temps d'écrire des notes sur mon accouchement dans un calepin. Je ne peux pas appeler chez moi parce que nous ne sommes pas avec Bel* (donc pas de frais virés possible et plus de carte d'appel!). Mon copain arrive un peu avant le souper.En soirée, mes parents viennent avec les quatre autres enfants (MJ, A., Constance et Florent). La réaction de Constance est instantanée: "Veux prendre bébé!" Nous l'assoyons sur le lit et l'aidons à prendre Fabrice. Quand nous lui demandons comment s'appelle le bébé, elle répond: "Poupée!" Ça en dit long sur la perception qu'elle a de son petit frère!Les enfants et les grands-parents prennent tour à tour le bébé. Tout le monde est sous le charme.Par la suite, mon copain part travailler (la terre n'arrête pas de tourner, n'est-ce pas?) et la famille quitte. Je me fais installer la télévision, ce qui me permet de reprendre contact avec le monde extérieur! ;-) Mon frère est venu me visiter en soirée, accompagné de ses deux filles.J'ai la chance d'avoir une chambre privée le vendredi soir. Je reçois la visite de mes soeurs Clo et Marie, qui elle, vient avec toute sa petite famille. Mon copain arrive en fin de soirée, après son spectacle. Je dors tellement mieux dans ma chambre privée! Je constate que ce n'était pas mon bébé qui me réveillait si souvent, dans la chambre double, mais bel et bien le bébé voisin!Nous sommes demeurés à l'hôpital un peu plus de 48 heures, ce qui est plus long que le séjour habituel de 36 heures. C'est qu'à mon arrivée, j'ai reçu l'antibiotique contre le streptocoque. Normalement, ce dernier fait effet en quatre heures, mais mon bébé est né trop vite! L'antibiotique n'a pas eu le temps d'agir et le bébé devait demeurer sous observation. On lui faisait régulièrement des prises de sang. Heureusement, tout est beau et il ne semble pas avoir de problème, à part une petite jaunisse qui commence. Prescription de la pédiatre: lui faire prendre des bains de soleil et l'allaiter souvent!Nous revenons à la maison vers 13h00, samedi. Tout le monde est bien excité. Nous donnons congé à mes parents qui ont été vraiment gentils d'être demeurés avec les quatre enfants si longtemps! En après-midi je dors un peu. Le soir, c'est le branle-bas de combat. Je suis seule avec les quatre enfants. Constance et Florent se sont ennuyés de leur maman, mais je dois prendre le temps d'allaiter Fabrice qui prend encore une bonne heure à téter. Une chance que les deux aînés m'aident, à la demande de leur père (qui lui, est parti travailler)! Pendant que MJ a le petit dernier dans les bras, je peux donner le bain aux jumeaux. Plus tard, c'est A. qui leur lit l'histoire alors que je m'occupe du bébé. Les grands partent chez leur mère en fin de soirée. Au moins, les cocos dorment et je peux me concentrer sur les soins au bébé.La première nuit à la maison est difficile. (Je me souviens que ç'avait ainsi pour les jumeaux! Nous étions DÉ-SES-PÉ-RÉS!) Il boit souvent, très souvent. Je finis par gagner deux heures de sommeil de suite en le couchant sur moi, au petit matin. Après tout, il n'a que trois jours et il doit être déstabilisé par le déménagement!Depuis, les choses se sont placées. Les enfants s'habituent à sa présence. Constance et Florent ont demandé davantage de surveillance au début, car ils avaient tendance à faire des mauvais coups alors que nous étions occupés. Or, depuis deux jours, ça va mieux.Et moi, je suis en amour. Je suis heureuse. Cette fois-ci, peu ou pas de blues post-partum. Je n'ai pas le temps et pas envie! Il fait trop beau et je compte profiter chaque instant de la présence de ce nouveau-né! La vie est belle. La vie est bonne!Vive la vie, sous toutes ses coutures! (La photo de notre chérubin a été prise par mon papa à notre arrivée à la maison. Je n'ai même pas eu le temps de faire le ménage dans les miennes encore! Ça viendra!)